Bien que la chasse ait été interdite en 1974 à la suite d'une votation populaire, le canton fait abattre chaque année des centaines d’animaux. Les tirs, effectués chaque année par des collaborateurs de l’Office cantonal de l’agriculture et de la nature (OCAN), concernent principalement les sangliers et les cervidés (chevreuils et cerfs élaphes).
Sangliers
De 200 à 450 sangliers (486 pour la période 2025-2026) sont abattus annuellement sur l’ensemble du territoire cantonal. Les tirs visent à maintenir leur population à environ 170 individus, celle-ci pouvant doubler chaque année en raison de la reproduction des laies.
Chevreuils
Le nombre de chevreuils est estimé entre 250 et 500 animaux, répartis en trois populations à Versoix, Jussy et dans le Mandement. C’est cette dernière qui fait l’objet d’une régulation annuelle depuis 2015 en raison des dégâts causés aux vignes. Les tirs annuels concernent environ 10 % du cheptel.
Cerfs élaphes
Les tirs des cerfs visent à réduire la population résidente (estimée à environ 30 à 40 cerfs en 2023) et la population transfrontalière (environ 120 individus) établies dans les bois de Versoix. Trente-neuf cerfs ont été abattus durant l’hiver 2025-2026.
Coût des tirs de régulation
Le temps nécessaire à un garde pour abattre un animal serait de 4 à 8 heures et, dans certains cas, de 8 à 15 heures. Avec une moyenne de 6 heures par tir, cela représenterait un total de 3 300 heures pour l’abattage des 550 animaux mentionnés pour la période 2025-2026, soit presque l’équivalent de deux postes à plein temps.
Le coût moyen annoncé par l’OCAN pour la régulation de la faune s’élèverait à environ 200 000 francs par année, chiffre annoncé avant les nombreux abattages de sangliers de ces trois dernières années et les tirs annuels de cerfs commencés durant l’hiver 2023.
Buts et objectifs de l’étude pilote
L'étude vise à évaluer l'efficacité des vaccins immunocontraceptifs GonaCon et SpayVac pour stabiliser ou réduire les populations d'animaux sauvages, ainsi que la faisabilité économique et logistique de leur utilisation à long terme pour remplacer les tirs de régulation.
Elle permettra également d’effectuer un suivi des populations immunisées et d’évaluer l’impact des captures, des manipulations et des anesthésies, lorsqu’elles sont nécessaires, sur les animaux. Si des animaux vaccinés devaient être accidentés, abattus ou retrouvés morts, une autopsie permettrait également de constater les éventuels effets physiologiques liés à la vaccination.
Les données collectées et les résultats de l’étude feront l’objet d’une publication scientifique afin d’enrichir la littérature sur les vaccins utilisés et leurs effets.
Base légale
L’utilisation d’une méthode alternative aux tirs repose notamment sur l’article 16, alinéa 1, de la loi genevoise sur la faune (LFaune), lequel fixe comme condition aux tirs de régulation que toutes les mesures préventives aient été épuisées.
