Étude pilote sur l'immunocontraception des ongulés sauvages dans le canton de Genève

La méthode

Juin 29, 2026

L’étude utilisera et comparera les effets et l’efficacité de deux vaccins immunocontraceptifs.

Le premier est le GonaCon, développé aux États-Unis dans les années 1990 par le National Wildlife Research Center. Il s’agit d’une unité de recherche du Département américain de l’Agriculture (USDA), dont l’un des mandats est de trouver des solutions aux problèmes causés par la faune sauvage. Le GonaCon a depuis été utilisé sur de nombreuses espèces animales sauvages ou domestiques, dont des bisons, des chevaux, des ragondins, des chats harets, des porcs domestiques, des cervidés et des sangliers.
Son principe général repose sur la neutralisation de l’hormone Gonadotropin-Releasing Hormone (GnRH), qui contrôle le processus de reproduction chez tous les mammifères. Le vaccin se compose de cette hormone associée à un marqueur immunogène (une protéine de mollusque) et à un adjuvant qui renforce l’effet des deux autres composants. L’administration de cette GnRH synthétique modifiée stimule le système immunitaire de l’animal afin qu’il produise des anticorps neutralisant la GnRH naturellement présente dans son organisme, ce qui le rend temporairement infertile. L’action du GonaCon est réversible et sa durée d’efficacité, de une à six années, voire davantage, dépend de l’espèce animale concernée.
Une nouvelle formulation (GonaCon B) a été développée par la suite. Celle-ci présente une durée d’immunisation plus longue, même après une seule injection, mais elle reste encore peu documentée.

Le second est le SpayVac, développé dans les années 1990 par la société canadienne ImmunoVaccine Technologies, dont les actifs ont ensuite été repris et commercialisés par BioVaxys Technology Corp. Sa commercialisation pour la faune sauvage est assurée sous licence par l’entreprise SpayVac for Wildlife. Son action est basée sur la zona pellucida porcine (PZP), encapsulée dans des liposomes. Cette technologie réduit fortement les effets secondaires du PZP traditionnel et permet, grâce à une libération plus lente de l’antigène, une immunisation prolongée. Son utilisation par la Thaïlande pour réduire ses populations d’éléphants a récemment fait les titres des médias.
À la suite des résultats prometteurs obtenus sur 47 cerfs élaphes vaccinés avec une seule dose dans une forêt bavaroise en Allemagne, réduisant le taux de gestation des femelles vaccinées à 11 %, SpayVac for Wildlife a lancé, en 2025, une procédure d’homologation du vaccin pour une utilisation chez les cerfs et les chevaux aux États-Unis. Des démarches sont également en cours en Australie.